D’après des études réalisées en Europe, les sportifs constitueraient au sein de la population générale un groupe à risque pour la rhinite allergique : sa fréquence y serait comprise entre 30 et 60% de la population des athlètes et elle concernerait 49% des athlètes olympiques.

Les athlètes qui pratiquent des sports d’hiver sont ainsi soumis à de l’air froid et ceux qui exercent un sport extérieur ont une exposition aux allergènes particulièrement élevée durant les saisons de forte pollinisation.

« Généralement, les sportifs ont l’habitude de s’entrainer à l’air libre. Du fait qu’ils respirent généralement avec la bouche, l’air froid rentre directement au niveau des poumons sans passer par le nez créant une hyper réactivité bronchique : les bronches deviennent enflammées, entraînant de l’asthme », explique le professeur Abdelaziz Aïchane, Professeur en Allergologie et Pneumologie.

Chez les athlètes, poursuit Pr. Aïchane, l’allergie aux pollens qui prolifèrent dans les espaces forestiers, surtout pendant les mois de mars, avril et mai est très fréquente. Ils font beaucoup de rhinites allergiques, voire même des conjonctivites allergiques surtout au cyprée et à l’olivier.

De même, les sportifs qui font de la natation souffrent de beaucoup de problèmes d’allergies sous forme de rhinite allergique et de dermatite au niveau de la peau à cause du chlore qu’on met dans les piscines. Ce chlore entraîne beaucoup de problème d’allergies aussi bien au niveau respiratoire du nez qu’au niveau des poumons et peut aussi entrainer une dermatite atopique, explique Pr Aïchane.

De plus, les sportifs qui présentent une allergie alimentaire sont très exposés aux chocs anaphylactiques. Pour cela, les sportifs doivent faire des tests pour dépister les aliments auxquelles ils sont allergiques pour s’y abstenir. Si on soupçonne un aliment comme allergisant il faut rester au minimum 4 heures avant de faire une activité sportive.

Par ailleurs, le traitement de la rhinite allergique, qui a un impact direct sur la performance des athlètes, ne figure pas sur la liste des produits interdits et n’est pas contre-indiqué chez les sportifs.

En résumé, le sportif doit faire un bilan allergologique pour dépister l’allergie et la prendre en charge. Sachant bien qu’il y a des médicaments contre-indiqués chez les sportifs et considérés comme agents dopants surtout les corticoïdes par voie orale et les fédrines. Ils peuvent être pris dans les entrainements mais ils doivent être arrêtés au moins quatre jours avant la compétition, le temps nécessaire pour qu’ils soient éliminés par voie urinaire. Par contre, les antihistaminiques, utilisés dans le traitement de la rhinite allergique ne sont pas listés comme des agents dopants.