"Je voudrais simplement rappeler que j'avais demandé à la cour l'audition de Jacques Chirac", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur à la reprise de l'audience. "J'avais également indiqué que si son état de santé ne lui permettait pas de venir, je le comprendrais", a-t-il poursuivi.

Depuis, a-t-il ajouté, "nous avons appris, par Mme Chirac et par M. Chirac lui-même, qu'il est en parfaite santé, ce dont je me réjouis".

"Cela veut dire que rien ne s'oppose à ce qu'il soit entendu par la cour", a-t-il estimé, jugeant "important" le témoignage de l'ancien président.

Jacques Chirac doit lui-même comparaître en justice le mois prochain pour une affaire d'emplois présumés fictifs à la mairie de Paris et, jusqu'à lundi, des spéculations sur son état de santé suscitaient diverses questions quant à la tenue du procès.

Son épouse Bernadette Chirac a démenti lundi matin sur Europe 1 qu'il souffre de la maladie d'Alzheimer et a assuré qu'il ne pensait pas se dérober, avant que M. Chirac lui-même n'affirme à BFMTV: "Je me porte très bien, je vous remercie".

Le 21 janvier, Charles Pasqua, 83 ans, avait dit croire que "physiquement", Jacques Chirac, 78 ans, n'était "pas en état de venir" témoigner au procès de l'Angolagate.

Cette affaire de ventes d'armes à l'Angola doublée d'un imbroglio politico-financier a valu à M. Pasqua une condamnation en 2009 à un an de prison ferme, pour trafic d'influence.

A l'ouverture du procès en appel le 19, M. Chirac avait annoncé par courrier à la cour qu'il ne viendrait pas témoigner, invoquant la séparation des pouvoirs et l'immunité liée aux actes accomplis par les chefs de l'Etat dans l'exercice de leur fonction.

M. Pasqua a également de nouveau demandé mardi que la cour entende le témoignage du ministre de la Défense Alain Juppé. Celui-ci a déjà indiqué à la cour qu'ayant déjà été entendu durant l'enquête, il ne comptait pas venir.

AFP