La marche d'aujourd'hui intervient, ont-ils précisé, en réaction à la nomination par M Moubarak d'un nouveau gouvernement dominé par les anciens ministres à l'exception des portefeuilles de l'Intérieur et des Finances.

L'escalade du mouvement de contestation met l'Armée égyptienne dans une position embarrassante, estiment les observateurs.

L'institution militaire égyptienne avait rendu public lundi un communiqué dans lequel elle juge "légitimes" les revendications du peuple et s'engage à "ne pas faire usage de la force contre les manifestants". Le communiqué de l'institution militaire véhicule des messages politiques précis aussi bien aux manifestants qu'au régime, selon les observateurs. Pour sa part, M. Amr al-Chobaki, du centre d'études politiques et stratégiques al-Ahram du Caire estime que l'armée se trouve dans une position "très embrassante" ajoutant qu' étant le garant de la légitimité l'armée veut éviter tout affrontement avec le peuple, jugeant légitimes ses revendications, fixant ainsi un "plafond" au nouveau gouvernement dominé par des symboles militaires.

Pour l'écrivain et journaliste égyptien Mohamed Hassaneine Haikel, il est exclu que l'armée ouvre le feu sur les manifestants car se serait un suicide, a-t-il estimé. Mais les observateurs craignent des heurts entre l'armée et les manifestants, notamment en raison d'informations rapportées par des médias sur des éléments qui tenteraient de se mêler à la foule pour provoquer une fitna entre l'armée et les manifestants au niveau de la place Al-Tahrir.

Selon ces médias, ces éléments veulent provoquer l'armée qui a assuré qu'elle veillera à protéger le pays et le peuple. Le vice-président égyptien, Omar Souleimane, avait annoncé lundi soir avoir été chargé par le président d'ouvrir un dialogue immédiat avec toutes les forces politiques autour de toutes les questions liées à la réforme constitutionnelle et législative. Le vice-président a indiqué que des mesures étaient en cours en vue d'appliquer les décisions de la cour d'appel, contestant les résultats des élections législatives dans certaines circonscriptions. Le président Moubarak, a-t-il dit, a insisté sur la rapide mise en oeuvre des mesures à même de restaurer la confiance en luttant contre le chômage et en veillant à créer le juste équilibre entre les salaires et les prix. De leur côté, les principales formations de l'opposition égyptienne refusent tout dialogue avec le régime actuel. Elles ont appelé à la formation d'un gouvernement de salut national provisoire qui sera chargé d'élaborer une nouvelle Constitution et d'organiser des élections législatives et présidentielles. L'opposition demeure toutefois divisée sur la personne à même de présider le gouvernement provisoire. Certains, notamment parmi les mouvements de jeunes, sont pour Mohamed El-Baradeï alors que des partis comme les Frères musulmans et "Wafd" s'y opposent.

Les formations de l'opposition doivent se réunir aujourd'hui dans le cadre de la coalition nationale pour le changement afin de trancher la question.