Le complexe n’est autre que la manifestation de notre propre non-conformisme. C’est une image psychique qui a une forte charge à caractère émotionnel, soit d’une situation vécue, soit de la personne elle-même, et qui intervient inconsciemment dans les pensées et la façon d’agir, souvent négatives. D’une autre manière, c’est une perception déformée de la réalité, que la personne a d’elle-même, de ses compétences ou de son estime de soi.

Des causes remontant à l’enfance

L’image que la personne a d’elle-même et de ses capacités est souvent basée sur tous les messages qu’elle reçoit depuis l’enfance. Dans cette période de la vie, l’entourage familial joue un rôle décisif dans le développement de l’estime de soi chez l’enfant ou, au contraire, peut faire en sorte qu’il manque de confiance en lui, qu’il se sente instable ou peu aimé de ses proches. Le modèle de perfection qu’on impose à l’enfant peut développer chez lui une baisse de l’auto estime et favoriser la formation d’un caractère complexé.

Je suis complexé, suis-je normal ?

Le complexe est humain pour la simple raison que l’imperfection est humaine. Mais ce qui est important c’est de savoir comment le gérer. Certaines personnes décident d’obéir au complexe et font de leur mieux pour dissimuler leurs défauts. D’autres se lancent dans une guerre sans trêve pour atteindre la perfection et combler leurs points faibles. Mais la meilleure chose à faire est d’accepter ses imperfections et d’essayer de les corriger en toute sérénité.

Quand doit-on s’inquiéter ?

S’agissant des complexes physiques, l’obsession peut entraîner des cas pathologiques. La personne a souvent peur d’exposer les déformations de son corps et est incapable de le voir tel qu’il est. Elle vérifie les détails de son corps et n’arrive jamais à l’apprécier. Mais le risque devient plus grand quand ce mal-être commence à paralyser les actions de la vie quotidienne : la personne évite d’aller à la plage pour ne pas avoir à exposer son corps en public, elle refuse de porter des sandales parce qu’elle n’aime pas ses pieds… Quand on accorde trop d’importance à un complexe, on finit par se renfermer et à se persuader que cette imperfection est la cause de tous ses échecs. Ce manque de confiance peut être plus ou moins normal à l’adolescence, mais à l’âge adulte, il prend une dimension très différente puisqu’il peut mener à la dépression, d’où la nécessité de procéder à une psychanalyse.



Comment vaincre ses complexes ?



Il faut d’abord commencer par accepter ses imperfections et renoncer à l’idée de vouloir plaire à tout le monde, à tout prix. La personne doit se concentrer sur ces points forts, qu’ils soient physiques ou sociaux, et apprendre à se voir devant le miroir en tant que personne, et non pas comme un objet à remodeler. Et pour atteindre cet objectif, il faudra choisir les personnes qui savent comment apprécier la personne et l’accepter telle qu’elle est.

De plus, il est essentiel d’avoir confiance en soi pour pouvoir faire face aux stéréotypes et aux modes de vie marquant la société actuelle en matière des normes de succès et de beauté favorisant les complexes.

Enfin, si le poids du complexe devient de plus en plus important, il faut consulter un professionnel.

Houria Ben Moussa